avoir l’esprit qui vagabonde vous rend insatisfait. ou est-ce cette application pour iPhone qui vous demande ce que vous faites quand vous concluez finalement avec votre conquête ?

J’ai réfléchi des jours et des jours à cet article et à l’introduction de ce blog. En marchant, ou dans le bus. J’ai aussi laissé mon esprit imaginer ce que serait un baiser de celui qui me plaît en ce moment. Je pense que j’ai aussi repensé à la dernière visite de ma meilleure amie, et souri à ça. Je dois sûrement être malheureuse. En effet, Science a publié il y a un mois un article de Matthew A. Killingsworth et Daniel T. Gilbert, selon lequel “A wandering mind is an unhappy mind”. Autrement dit un esprit qui vagabonde est un esprit malheureux. À la minute où j’ai fini de lire l’article de la Harvard Gazette à ce propos, il fallait que je consulte l’article lui-même. Il y avait un conflit évident entre ma propre expérience et ces résultats. Mon esprit est vagabond par définition : mon esprit non seulement vagabonde, mais sautille, rebondit. Mais je suis parfaitement contente de cela. Les moments où mon esprit erre, par exemple dans le bus, servent le plus souvent de préparation pour mon travail ou mes blogs. Quand je marche, j’aime parfois m’échapper pour imaginer que j’embrasse cet homme charmant. Sérieusement, qu’est-ce qu’il y a d’autre à faire que rêvasser quand on marche ? Est-ce un processus si coûteux que j’ai besoin de rester concentrée ? Et quand je me lave, quel est le mal à penser à autre chose ? J’ai souvent des idées sous la douche ; et comme pour la marche, je ne crois pas que me brosser les dents nécessite autant mon attention. En bref, j’étais éminemment sceptique.

De plus j’ai toujours eu une dent dure contre Science. Je trouve un peu paradoxal que pour publier dans cette revue, il faille précisément négliger un des fondements scientifiques, à savoir la réplicabilité. Les articles parus dans Science doivent être tellement courts qu’il est difficile d’appréhender pleinement la méthode utilisée et de ne pas finir de lire l’article avec de nombreuses questions. Je sais bien qu’il n’existe pas de papier parfait et qu’on oubliera toujours un détail qui n’intéresse qu’un seul et unique lecteur. Mais vraiment, à moins d’être un expert dans le domaine très précis de l’article, il est généralement difficile de suivre. Et Science est une revue généraliste : si je décidais de m’aventurer à lire un article dans, au hasard, le Journal of Applied Physics [Journal de Physique Appliquée], je m’attendrais à rencontrer des difficultés puisque le public ciblé est un public spécialiste. Mais si je lis un journal généraliste, j’en attends qu’il soit plus accessible.
À la fois je dois admettre que je suis toujours assez bluffée quand un chercheur en psychologie publie un article dans cette revue sans utiliser aucune méthode d’imagerie à la mode, ce qui est le cas ici. À l’exception de l’utilisation d’iPhones pour collecter leurs données, cette étude est vraiment de la recherche “papier et crayon”. Quant à la contrainte de la longueur, je dois aussi dire que Killingsworth et Gilbert s’en sont très bien sortis. Ils ont réussi à écrire un article très clair et les questions soulevées ne le sont en fait pas dû à un manque d’information.

Donc, qu’en est-il de l’étude, de ses résultats et de leur interprétation ? Je pense que nombre de psychologues reconnaissent, plus ou moins consciemment, que les us et coutumes existent souvent à cause dune réalité psychologique. Par exemple, comme les auteurs remarquent ici, de nombreuses philosophies et religions recommandent de vivre dans le hic et nunc [l’ici et maintenant]. S’il y a du sens commun psychologique dans ces traditions, cette recommandation serait donnée car vivre d’une autre façon, i.e., vagabonder par l’esprit dans le passé et/ou le futur ne serait pas adaptif. Donc ils ont décidé de vérifier ceci et de chercher une relation entre bonheur et vagabondage d’esprit.
Pour cela ils ont utilisé une méthode plutôt cool, très innovante et qui évite les problèmes habituellement rencontrés quand vous interrogez les gens à propos de leur expérience, après coup plutôt que pendant (e.g., les gens rappellent une expérience reconstruite plutôt que vécue). Cette méthode leur a aussi permis d’avoir accès à un échantillon très large de participants, d’une tranche d’âge large, vivant tout autour du monde et pratiquant toutes sortes de métiers. Une application pour iPhone envoyait de temps en temps des questions aux participants, à intervalle aléatoire. Parfois ils devaient d’abord juger leur bonheur (sur une échelle de 0 à 100), et dans tous les cas ils devaient indiquer ce qu’ils étaient en train de faire (parmi 22 catégories d’activités prédéterminées) et s’ils étaient en train de penser à autre chose (avec quatre options: non ; quelque chose d’agréable ; quelque chose de désagréable ; quelque chose de neutre).
En utilisant cette technologie, ils ont observé un très haut taux de vagabondage d’esprit, plus haut qu’observé auparavant. Utiliser une application pour iPhone était définitivement une jolie idée : c’est non seulement tendance mais également efficace pour collecter ce qui semble être des données de meilleure qualité. Donc, presque la moitié du temps (46,9%), les gens pensaient à autre chose que leur actuelle activité, et aucune activité, à l’exception des relations sexuelles, n’en étaient immunes (pour chaque autre activité, dans au moins 30% des observations les participants avaient l’esprit qui vagabondait). Ce taux était seulement légèrement influencé par le type d’activité. Encore plus important, que ce à quoi l’esprit vagabondait soit agréable ou non n’avait presque rien à voir avec la nature de l’activité, alors que le vagabondage avait un effet sur le bonheur. Plus vous avez l’esprit qui vagabonde, moins vous êtes satisfait, quelque soit l’activité que vous êtes censé faire (i.e., même si vous faites quelque chose de plutôt ennuyeux, comme votre toilette). Pour être exacte, il semble que les vagabondages neutres et désagréables sont responsables de l’effet, puisque ces deux types avaient un effet sur le bonheur alors que les vagabondages agréables n’avaient pas de relation avec la satisfaction. En d’autres mots, l’effet est dû aux vagabondages non agréables, et plutôt que de dire qu’un esprit qui vagabonde est un esprit insatisfait, je préfère prendre note qu’un esprit qui vagabonde à des sujets agréables ne sera pas plus satisfait, mais ne sera pas plus insatisfait non plus.

Un très bon point dans cet article est qu’ils ont essayé de déterminer la direction de la relation. La toute première objection qui vient à l’esprit avant de lire l’article est en effet que c’est parce que les gens sont insatisfaits d’une activité qu’ils ont l’esprit qui vagabonde. Mais Killingsworth et Gilbert ont pensé à ça et essayé de contrer l’argument par des analyses chronologiques. Selon eux ces analyses confirment que le vagabondage est la cause de l’insatisfaction des gens. J’admets que c’est convaincant : j’ai lu le matériel supplémentaire, et clairement il n’y a pas de relation entre l’insatisfaction à T-1 et le vagabondage à T, alors qu’il y en a une entre le vagabondage à T et l’insatisfaction à T+1. Mais voici mon problème: comment le vagabondage survenu il y a deux jours, peut-être 10, peut-il influencer ma satisfaction en ce moment ? Est-ce qu’au moins je me souviens quand mon esprit a vagabondé la semaine dernière, et à quoi ? D’un autre côté, si le temps écoulé entre chaque observation est vraiment un contre-argument, on s’attendrait certainement à n’observer aucune relation, dans aucune direction. Pourtant j’ai toujours des difficultés à voir du sens ici. Si au moins la relation était entre deux observations de la même activité, on pourrait imaginer comment le contexte rappellerait avoir vagabondé la fois précédente, ou même comment le retard accumulé dans cette activité est dû à l’épisode précédent de vagabondage. Mais vraiment ici je ne peux pas imaginer sur quoi cette relation reposerait.

Maintenant, ceci étant dit, j’ai quelques points de chipotage à défendre et de plus sérieuses critiques. Choisir l’iPhone comme outil de recrutement, c’est un point de chipotage, mais la question doit être posée. Est-ce que les utilisateurs d’iPhone sont-ils comme le reste de la population ? Je plaisante mais seulement à moitié. D’un point de vue général les utilisateurs d’iPhone sont certainement très similaires à n’importe quel autre homme / femme d’un pays occidental. Cependant, quand il s’agit de l’utilisation de leur temps, il est peut-être notable qu’ils possèdent un iPhone. Au-delà des évidentes fonctions à la mode, les iPhones, comme tout smartphone, sont également très utiles pour s’organiser et être plus efficace. Ou très bon à donner l’illusion qu’ils le sont. Par conséquent, il se peut que les utilisateurs de smartphones, y compris d’iPhones, en achètent parce qu’ils sont plus désireux d’utiliser leur temps à bon escient. Et avoir l’esprit qui vagabonde pourrait leur donner l’impression de perdre ce précieux temps. J’aimerais savoir comment les utilisateurs de téléphones portables plus simples répondraient aux mêmes questions. Ça ne serait pas bien difficile de les joindre en direct, de façon équivalente : des textos pourraient très bien être envoyés à la place des rappels de l’application (certes il y aurait un travail de recrutement à faire qui n’est pas nécessaire avec les applications pour smartphones, que les gens choisissent d’installer). Si des différences s’avéraient entre les utilisateurs de différents types de téléphones portables, on pourrait se demander si une attitude négative envers le vagabondage d’esprit n’est pas en fait ce que Killingsworth et Gilbert ont observé dans leur étude. On pourrait opposer à ce point que la population semble couvrir tous les âges et toutes les professions, et que différentes professions et tranches d’âge devrait avoir différentes attitudes envers le vagabondage et la “perte” de temps. Mais cette diversité concerne en fait l’échantillon global. On n’en sait pas trop à propos de l’échantillon qui nous intéresse ici, celui qui a eu à évaluer sa satisfaction. ¾ d’entre eux vivent aux États-Unis, la répartition entre les sexes est plutôt équilibrée, mais quel est la tranche d’âge globale, quels sont leurs professions ? Ils ont été sélectionnés au hasard, donc cela ne devrait certainement pas importer, mais je ne suis pas sûre de la raison pour laquelle cette information nous est donnée à propos de l’échantillon global, mais pas de l’échantillon d’intérêt.
Plus important, j’aimerais également connaître leur culture et leur religion. Je ne veux pas vraiment savoir en fait, mais je pense que cela devrait être inclus dans les contrôles. En particulier la religion : si vous suivez une tradition qui vous presse de vivre dans l’instant, certainement le vagabondage d’esprit pourrait vous rendre plus insatisfait. Et pour admettre que c’est en raison du coût du vagabondage d’esprit qu’une philosophie / religion le rejette, vous voulez être capable d’exclure que cette philosophie / religion particulière a d’abord rendu le vagabondage d’esprit indésirable. En d’autres mots, vous voulez savoir si la poule ou l’œuf était là en premier. Les philosophies, en particulier les philosophies religieuses, ont de nombreuses raisons pour trouver le vagabondage d’esprit indésirable. Par exemple il pourrait être plus aisé, ou au moins sembler plus aisé, de garder le contrôle sur un esprit attentif. Mais ils ont tout à fait pu contrôler cela aussi. C’est typiquement le genre de choses dont je postule que les chercheurs l’ont fait, mais je ne peux pas en être certaine parce que le format de publication a imposé des coupes dans le nombre de mots.

Ma plus grande critique est également due au format, je pense. Il y a différentes distinctions qui devraient être faites pour avoir des données plus précises. Je suis sûre qu’ils y ont pensé, et une discussion approfondie nous permettrait de le voir. Mais c’est court et je n’ai pas la satisfaction de lire les auteurs anticiper ce sur quoi je vais débattre. Première distinction d’intérêt : est-ce que les participants pensaient à quelque chose dans le passé ou dans le futur ? Si leur vagabondage d’esprit était principalement situé dans le passé, je peux imaginer pourquoi ils ont estimé qu’ils perdaient leur temps et conséquemment pourquoi ils étaient insatisfaits. Les exemples de mon propre vagabondage d’esprit étaient essentiellement proactifs et orientés vers le futur. J’utilise mon temps dans le bus pour préparer mon esprit à ma journée de travail ou à ce que je vais faire une fois rentrée a la maison. Je l’utilise également pour booster mon intérêt pour cet homme, afin qu’un jour je devienne effectivement proactive. Si on avait des données à propos de la nature passée ou future des pensées, on pourrait peut-être observer un pattern différent, où les gens n’auraient pas de problème avec le vagabondage d’esprit s’il est orienté vers le futur, parce que d’une certaine façon c’est constructif.
La seconde distinction que j’aimerais voir est entre les activités. Certaines sont trop générales à mon avis. Se déplacer en particulier n’est pas la même chose si vous conduisez ou si vous utilisez les transports en commun. Quand vous conduisez, quelque soit la nature de vos pensées, elles détournent votre attention. Si vous êtes dans le bus, comme je l’ai dit auparavant à propos de marcher, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire que de penser. Est-ce qu’être dans le bus est vraiment une activité, je ne pense pas. Penser à quelque chose de précis pendant qu’on vous amène au travail est une activité, et penser à encore quelque chose d’autre serait le moment où votre esprit vagabonde. Ici une question de méthode surgit également. Quand l’application leur demande s’ils pensent à autre chose, est-ce que les participants considèrent que le premier vagabondage est ce quelque chose d’autre ? Ou, est-ce qu’ils considèrent qu’ils ont l’esprit qui vagabonde seulement si, alors qu’ils mangent par exemple et sont déjà en train de penser à quelque chose, leurs pensées se détournent vers un sujet secondaire ? Il ne semble pas que les participants ont reçu des instructions claires sur ce qu’est le vagabondage d’esprit. Killingsworth et Gilbert le définissent comme une “pensée indépendante du stimulus”, mais qu’en serait-il si pour les participants le stimulus est leurs pensées, pas manger ou marcher ? Alors dans ces cas où l’activité n’est pas vraiment le stimulus, ce qui les rendrait insatisfaits est en fait d’être détournés de leurs réflexions par des pensées indésirables.

Le dernier point nous ramène à la méthode. Quelles étaient les instructions ? Est-ce que les participants pensaient qu’ils devaient reporter ce qu’ils faisaient au moment où ils ont vu la notification ou au moment où ils l’ont en fait reçue ? Je sais que c’est un peu exagéré de se demander s’ils n’étaient pas confus à propos des instructions. Mais le cas de l’activité “sexe” soulève des questions. Qui peut sérieusement croire qu’ils se sont arrêtés pour répondre à la notification ? En fonction de cette activité uniquement, on peut postuler qu’ils ont décidé de répondre aux questions en fonction de quand elle a été envoyée, pas traitée. Ou ont au moins répondu différemment d’une activité à l’autre. Si c’est le cas, l’intérêt d’utiliser une application pour iPhone pour recueillir des données en direct, écologiques, est partiellement perdu.
Et puisqu’on parle de la catégorie “sexe” et d’écologie, la désirabilité sociale est évidemment un problème : les gens ne sont pas exactement prêts à dire qu’ils n’apprécient pas leur vie sexuelle, et encore moins qu’ils ont l’esprit qui vagabonde pendant l’amour. C’est particulièrement vrai de nos jours où la satisfaction sexuelle est représentée comme une clé au bonheur global par les medias. Mais si vous faites une recherche vite fait sur Google, vous verrez que parfois les gens ont l’esprit qui vagabonde pendant l’amour. Oh oui, dans ce cas, ils ne sont sûrement pas très heureux de cela, mais ça arrive néanmoins. Ce n’est pas que je veux rentrer trop dans les détails techniques mais sérieusement, si vous êtes une femme, il est très facile d’être là sans être là.

Je suis assez consciente que cet article est bien trop long: j’ai écrit des introductions d’articles plus courtes que ça (je suspecte même cet article d’être plus long que celui qu’il commente). Je promets de travailler vers la concision ; ce sera mon bénéfice personnel à tirer de l’écriture de ce blog, rendre mon verbeux anglais francisé plus, eh bien, anglais (comprendre “plus direct”). Mais disons que c’est mon esprit vagabondant sur papier (en sorte). Et j’en suis satisfaite.
La vraie conclusion risque d’être assez ennuyeuse. Cet article était un bon article. Presque toutes mes critiques n’existent peut-être seulement parce que les auteurs n’avaient pas l’espace pour aller plus loin et souligner eux-mêmes les explications alternatives potentielles. Malgré les limites de longueur ils sont pourtant parvenus à s’occuper de la plus importante de ces alternatives. J’ai pu sembler plus en colère que je ne le suis en réalité. Je suis énervée, pas de doute à ce propos, mais pas par les auteurs. Je suis énervée par la façon dont les medias généralistes ont fait écho à ces résultats sans les questionner. Avoir l’esprit qui vagabonde ne vous rend pas insatisfait. Un vagabondage désagréable ou neutre, oui, un vagabondage agréable n’a pas d’effet, et on ne sait pas comment l’orientation de votre vagabondage vers le passé ou le futur pourrait influencer ces sentiments. Laissons la recherche se développer plus avant de tirer des conclusions générales s’il-vous-plait. On n’est même pas sûr que ces sentiments ne soient pas dus au fait d’avoir un iPhone qui vous demande ce que vous faites quand vous faites l’amour…

Killingsworth, M. A., & Gilbert, D. T. (2010). A wandering mind is an unhappy mind. Science, 330, 932. DOI: 10.1126/science.1192439

mind-wandering makes you unhappy. or is it this iPhone application that asks your whereabouts when you finally conclude with your date?

I’ve been thinking to this post and the introductory one for the last 5 days. When walking and when on the bus. I also let my mind imagine how it would be to kiss this man I am currently fancying. I think I also thought back to my best friend’s visit and smiled to that. Surely I am unhappy. Indeed according to a paper by Matthew A. Killingsworth and Daniel T. Gilbert (published in Science about two weeks ago), “A wandering mind is an unhappy mind”. The second I finished reading about this in the Harvard Gazette, I had to check out the paper itself. There was a blatant conflict between my own experience and the results. I am a mind-wanderer by essence; my mind doesn’t even wander but skips, bounces. But I feel fully happy about this. Moments where my mind wanders, e.g. on the bus, are most often prepping for my work or some blog posts. While walking I love sometimes escaping into a fantasy where I would kiss this charming man. I mean, what else is there to do than mind-wander when you walk? Is that such a costly process that I need to stay focused? And when I am grooming, what’s the harm if I mind-wander? I have had many ideas in the shower; and, as much as for walking, I don’t think brushing my teeth needs that much of my attention. In short I was very sceptical.

Plus, I have always had a hard spot for Science. I found a bit paradoxical that to publish in this journal, you have to neglect what is precisely one of the scientific pillars, i.e. replicability. Science papers have to be so short that it is hard to fully grasp the method and not to finish your reading with many questions. I know that there is no perfect paper and that we will always forget a detail that will interest one and one only reader. But really, unless you are an expert in the very precise topic of the paper, it is generally hard to follow. And Science is a generalist journal: if I decide to venture myself in reading a paper in, let’s pick randomly, the Journal of Applied Physics, I will expect to have difficulties because the targeted audience in that case is a specialist audience. But if I am reading a generalist journal, I expect it to be more accessible.
In the meantime I must admit that I am pretty bluffed when a Psychology researcher gets a paper in this journal without using fancy imaging methods, which is the case here. Except for the use of iPhones to collect their data, this study is very much pen and paper Psychology. As for the length constraint, I must also say that Killingsworth and Gilbert dealt very well with it. They did a very good job in writing a very clear paper, and the questions it raised are actually not due to a lack of information.

So what about the study, its results and their interpretation? I think many psychologists recognize, more or less consciously, that customs and traditions often exist because of a psychological reality. For example, as the authors noticed here, many philosophies and religions recommend living in the hic et nunc [the here and now]. If there is some psychological common sense in those traditions, the recommendation would be here because living otherwise, i.e. mind-wandering in the past and/or the future, is not adaptive. So they decided to verify this and to look for a relation between happiness and mind-wandering.
For this they used a pretty cool method, very innovative and avoiding the usual problems that come when you ask people about their experience afterwards rather than during (e.g., report of a reconstructed experience rather than the real one). This method also gave them access to a very large sample of participants, widespread on the age range, living all over the world, and doing all kind of jobs. An iPhone application was sending participants questions, from time to time and randomly. Sometimes they were asked about their happiness first (on a 0 to 100 scale), and in any case they had to indicate what they were doing (among 22 pre-determined categories of activities) and if they were thinking to something else (with four options, no; something pleasant; something unpleasant; something neutral).
Using this technology they observed a very high rate of mind-wandering, higher than found previously. Using an iPhone application was definitely a nice idea: it is not only trendy but also efficient in collecting what seems to be better data. So, almost half of the time (46.9%), people were thinking to something else than their current activity, and no activity, except sex, was exempt of this (mind-wandering occurred at least in 30% of the samples for each other activity). This rate was only slightly influenced by the nature of the activity. Even more importantly the pleasantness of the mind-wandering had almost not to do with the nature of the activity, whereas the mind-wandering had an effect on the happiness. The more you mind-wander, the less happy you are, whatever activity you are supposed to do (i.e. even if you are doing something pretty boring, such as grooming). To be precise, it looks like unpleasant and neutral mind-wandering were driving the effect, as those two types had an effect on happiness but the pleasant mind-wandering had no relation to happiness. In other words, the effect is driven by the non pleasant mind-wandering, and instead of saying that a wandering mind is an unhappy mind, I’d rather take note that a mind wandering to pleasant topics won’t be happier but won’t be more unhappy either.

A very nice thing in this paper is that they tried to determine the direction of the relation. The very first objection coming to mind before reading the paper is indeed that it is because one activity makes them unhappy that people mind-wander. But Killingsworth and Gilbert thought about this and tried to counter-argue with some time-lag analyses. According to them those analyses support that mind-wandering is the cause of people’s unhappiness. I admit it is convincing: I read the supporting material, and clearly there is no relation between previous unhappiness and mind-wandering whereas there is one between previous mind-wandering and unhappiness. But here is my problem: how can mind-wandering from two days away, or 10 maybe, influence my happiness right now? Do I even remember when I mind-wandered last week, and to what? On the other hand, if the time passed between each observation is really a counter-argument, surely there should be no relation at all, in any direction. Yet I still have difficulty to see some sense here. If at least the relation was between two samples of the same activity, you could imagine how the context would remind you mind-wandering on the previous time, or even how the delay accumulated in your activity is due to the previous episode of mind-wandering. But here I really can’t picture on what the relationship would rely.

Now, that said, I have a few quibbling points to defend and some more serious concerns. Choosing the iPhone as a recruitment tool, that’s quibbling matter, but you’ve got to ask the question. Are iPhone users like the general population? I am joking but I am only half-joking. iPhone users are surely very much similar to any other man/woman from a Western country when we consider them globally. However, when it comes to the use of their time, it might matter that they own an iPhone. Beyond the obvious trendy features, iPhones, as any smart phone, are also very useful to get yourself organized and efficient. Or very good at giving the illusion that they are. Therefore smart phone users, including iPhone users, might buy them because they are keener on using their time properly. And mind-wandering might make them feel like they are wasting this precious time. What I would like to know is how people using simpler phones would answer being asked the same questions. It would not be really that difficult to reach them in the same online manner: text messages could very well be sent instead of reminders from the application (although admittedly there would be some recruitment work to do that you don’t need to do with smartphones applications, which people choose to install). If differences show up between users of different types of phones, you might wonder if a negative attitude towards mind-wandering is actually not what is found in Killingsworth and Gilbert’s study. One might oppose to my point here that the population seems to cover every age and profession, and that different professions and age should be expected to have different attitudes towards mind-wandering and “wasting” time. But this diversity regards actually the overall population. We don’t know much about the population of interest here, those who had to rate their happiness. ¾ of them are living in the USA, the gender ratio is pretty balanced, but what is their age range, what are their jobs? They were picked randomly, so surely it shouldn’t matter but I am not sure why I am told this information about the overall sample but not about the sample of interest.
More importantly, I also would like to know their culture and their religion. I don’t actually really want to know about it, but I think that should be included as controls. Especially the religion: if you are following a tradition urging you to live in the moment, surely mind-wandering could make you more unhappy. And to accept that it is because of the cost of mind-wandering that a philosophy / culture banned it, you want to be able to exclude that one particular philosophy / culture made mind-wandering undesirable in the first place. In other words, you want to know if the chicken or the egg was here first. Philosophies, especially religious philosophies, have many reasons to find mind-wandering undesirable. For example it might be, or at least seem to be, easier to keep control on a mind that pays attention. But they might have controlled for it as well. That is typically the type of thing I assume researchers did but I cannot be sure because the format of publication imposed to cut on words.

My biggest concerns are also due to the format I believe. There are several distinctions that should be made to have more precise data. I am sure they thought about it, and a full discussion would let us see this. But it is short and I don’t get the satisfaction to read that the authors foresaw where I am going to argue. First distinction of interest: were participants thinking about something in the past or something in the future? If their mind-wandering was mostly based in the past, I can see how they felt they were losing their time and consequently how they felt unhappy. The examples of me mind-wandering were mostly proactive and oriented towards the future. I use my time on the bus to prepare my mind to my day of work or to what I am going to do once at home. I also use it towards building up my interest for this man, so that one day I might actually get proactive. If we had data about the past / future nature of the thoughts, we could perhaps observe a different pattern where people would be OK to mind-wander if it is future-oriented, because it is somehow constructive.
The second distinction I would like to see is within the activities. Some of them are too general in my opinion. Commuting especially is not the same if you are driving or in public transport. When you are driving, whatever the nature of your thoughts, they hinder your attention. If you are on the bus, as I said before for walking, there is not much you can do except thinking. Is being on the bus really an activity, I don’t think so. Thinking to something precise while being taken to work is an activity, and thinking to something else would be the mind-wandering bit. Here a methodological question comes up too. When asked if they are thinking to something else, are participants considering that primary mind-wandering is the something else? Or do they consider they mind-wander only if, while for example eating and already thinking to something, their thoughts jump to a secondary topic? It does not seem like participants were given a clear instruction of what is mind-wandering. Killingsworth and Gilbert define it as “stimulus-independent thought”, but what if to participants the stimulus is their thinking, not eating, not walking? So in those cases where the activity is not really the stimulus, what would make them unhappy is actually getting unfocused from their mind-wandering by unwanted thoughts.

Last point will bring us back to method. What was the instruction? Did participants think that they were supposed to report what they were doing at the moment they saw the notification or when they actually received it? I know it is a bit stretched to wonder if they did not get confused by the instructions. But the case of the sexual activity raises questions. Who can seriously believe they stopped to answer to the notification? From this activity only, we can assume that they decided to answer to the questions according to when the notification was sent, not treated. Or at least answered differently from one activity to another. If so, the whole point of using an iPhone application to have online, ecological data is partially missed.
And since we are talking about the sex category and about ecology, the social desirability is obviously a problem: people are not exactly ready to tell they are not enjoying their sex life, let alone that they mind-wander during sex. This is especially true nowadays, where sexual happiness is projected as key to global happiness by the media. But if you have a quick Google search, you’ll see that sometimes people mind-wander during sex. Oh yes, in this case, they are surely not happy to mind-wander, but it happens nevertheless. Not that I want to be over-precise in the technical details, but seriously, if you are a woman, that’s very easy to be here without being here.

I am pretty aware this post is far too long; I have written paper introductions shorter than this (I even suspect this post to be longer than the paper it is commenting). I promise to work towards conciseness; that will be the personal benefit of the blog writing, making my wordy Frenched English more, well, English (understand ” more straight to the point”). But let’s say this is my mind wandering on paper (sort of). And I am happy about it.
The real conclusion might be pretty boring. This paper was a good paper. Almost each of my points may exist only because the authors did not have the space to go further and highlight themselves the potential alternative explanations. Despite the limits in length they still managed to address the most important of those alternatives. I might have sounded angrier that I am actually. I am angry, no doubt about this, but not at the authors. I am angry at how general media gave echo to these results without questioning them. Mind-wandering doesn’t make you unhappy. Unpleasant and neutral mind-wandering does, pleasant mind-wandering has no effect, and we don’t know how the past / future orientation of your mind-wandering might influence these feelings. Let’s research be developed before reaching general conclusions please. We are not even sure those feelings are not due to having an iPhone that asks you what you are doing when you have sex….

Killingsworth, M. A., & Gilbert, D. T. (2010). A wandering mind is an unhappy mind. Science, 330, 932. DOI: 10.1126/science.1192439